Actualités 2009
La sécheresse au Kenya
De retour de son cinquième voyage au Turkana, Roger Job nous a fait part de ses impressions sur la situation au Turkana.
"La première fois que je suis venu au Turkana, il y a 11 ans, j’ai rencontré Lokorio, un chef prospère qui possédait plusieurs centaines de têtes de bétail. Aujourd’hui, il n’en a plus que 80… "
Le bétail meurt
"La pluie se fait attendre, le bétail se meurt. Il y a deux scénarios qui se profilent en ce moment. Le premier, il ne pleut pas dans les prochaines semaines et on se retrouvera face à un nouveau Soudan (Ajiep 1998). Quant au second, El Nino amènerait des pluies, mais celles-ci seraient tellement fortes qu’elles dévasteraient tout sur leur passage. L’un comme l’autre ne sont guère réjouissants."

L'abattage des animaux
"Les animaux sont terriblement affaiblis. Alors qu’avant, pour trouver des pâturages où de l’eau, les Turkanas faisaient 5 à 10 kms, ils doivent aujourd’hui en faire 40. Pour en trouver, il faut creuser profondément, à 12 mètres parfois, avec tous les risques d’écroulement que cela comporte pour les pasteurs."
Pour avoir suivi les équipes de Vétérinaires Sans Frontières, je trouve que le travail réalisé est intelligent. Par exemple : le système de barrage sous-terrain retenant l’eau est bien conçu. Quant aux campagnes d'abattage qui sont menées en ce moment, elles permettent aux éleveurs de tenir encore un peu… Mais, la situation reste malgré tout alarmante, il n’y a quasi plus de pâturages et cela ne fait qu’aggraver les tensions entre les différents groupes ethniques."
Pour plus d'information sur la sécheresse, lisez l'article AFP sur ce sujet
Roger Job est un photojournaliste de renom qui collabore avec Vétérinaires Sans Frontières depuis de nombreuses années.
Actuellement, il travaille sur un vaste projet documentaire intitulé : « Les Turkanas du Kenya. Des pasteurs nomades face au dérèglement climatique. »
Ce projet a d’ores et déjà intéressé le Musée de la Photographie de Charleroi qui lui a programmé une exposition sur ce thème pour septembre 2010. Entre Roger Job et les Turkanas, on peut presque parler d’une histoire d’amour. Dès qu’il parle des Turkanas, on sent directement le respect qu’il éprouve pour ce peuple qu’il connaît depuis plus de dix ans maintenant.
Pour réaliser son projet, Roger Job a planifié une dizaine de voyages au Turkana. Sur place, il peut compter sur le soutien logistique de l’équipe de VSF. Il part de la base de Lodwar avec Francis Ano, un membre de l’équipe de VSF, interprète et « passeur de frontières » pour aller à la rencontre des Turkanas puisqu’il a lui-même grandi à la façon nomade et a ensuite étudié à la ville. Ils se rendent dans les endroits les plus reculés du territoire afin de rencontrer les Turkanas. Ce photographe est par ailleurs devenu connu des nomades qui l’ont surnommé : « Ekakwangan Lokaloton », soit « le blanc qui marche ». Partageant leur mode de vie quotidien, ce photojournaliste rend compte de scènes inédites de la vie de ces pasteurs. Depuis la nuit des temps, ils vivent en harmonie avec leur bétail, la nature et les ressources naturelles dont ils disposent.
Découvrez le travail de Roger Job au Turkana sur son site
et également sur le site de la galerie Antonio Nardone
