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La moitié de la population du Niger souffre de la faim
La moitié des Nigériens est victime d'une grave crise alimentaire. Parallèlement, trois quart du bétail souffre de la faim et de la soif. Une catastrophe pour ce pays ouest-africain où plus de 80% de la population dépend de l'élevage pour sa survie quotidienne. Vétérinaires Sans Frontières soutient la population locale en distribuant des vivres pour les populations et leurs troupeaux.
À la fin de la saison des pluies précédente en septembre l’an passé, des averses irrégulières ont détruit une grande partie des récoltes. Le Niger avait prédit un déficit de plus de 400.000 tonnes de nourriture. Depuis le mois d’avril, l’état d'urgence est en vigueur. Actuellement, 7,1 millions de personnes, la moitié de la population nigérienne, souffre de la faim. 3,3 millions de Nigériens sont dans une situation d'insécurité alimentaire aiguë. Ils doivent attendre septembre pour la nouvelle récolte.
De 200 à 10 euros pour une vache maigre
Les pâturages sont arides, les sources d'eau sont rares et n’étanchent plus la soif. Face à leurs animaux mourant, les éleveurs sont sans défense. Le bétail survivant n’a quant à lui que la peau sur les os. Le marché de bestiaux s'est carrément effondré. Avant la crise, une vache valait 200 euros, actuellement, l’éleveur en retirera 10. Dans un pays qui vit de l’élevage, c’est un désastre. Car quand le troupeau meurt, c’est tout le village qui est en danger.
Programme d'urgence
Fin avril, Vétérinaires Sans Frontières a tiré la sonnette d’alarme. Elle fut la première ONG à distribuer des vivres à la population et au bétail. Ces derniers mois, l'ONG belge a livré 630 tonnes d’aliments bétail aux populations de Dakoro et d’Abalak, les zones les plus touchées. L'ONG achète aussi les animaux affaiblis à un prix qui dépasse de loin le prix actuel du marché. Les femmes sont payées pour le travail de transformation de la viande, celle-ci est ensuite redistribuée aux familles les plus vulnérables.
Le mil, le sorgho et le lait composent l'alimentation de base des Nigériens. 420 tonnes de céréales et légumineuses furent reparties entre les familles les plus vulnérables d’Abalak. Le prix des céréales est 5 à 15% plus élevé que l'an dernier à la même période. Dans ce cadre, l’ONG a vendu plus de 500 tonnes de mil et de sorgho à un prix fortement réduit.
Plusieurs années pour récupérer les troupeaux
Bien que ces dernières semaines les pluies commencent à recolorer de vert les pâturages, les troupeaux reviendront à un stade optimum que dans trois ans. Les Nigériens s'attendent à une faible production de lait durant cette période. Les vaches recommenceront à mettre bas d’ici deux ans. Vétérinaires Sans Frontières continuera à surveiller la situation en permanence dans le cadre de ses projets existants.