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Ugo Lemaire: la découverte du Turkana derrière un objectif
C'est accompagné du photographe Roger Job, ami de Vétérinaires Sans Frontières, que le jeune Ugo Lemaire a découvert le Kenya et plus particulièrement le Turkana. Sur place, les deux photographes belges ont été accueillis par notre ONG et ont pu profiter de l'appui logistique de nos équipes. Voici ci-dessous quelques impressions de ce jeune apprenti journaliste.
Le logement
"Lorsque j'ai débarqué sur le sol africain, je ne savais pas du tout à quoi m'attendre. Le deuxième jour à peine, nous étions accueillis dans les bureaux de Vétérinaires Sans Frontières à Lodwar. J'ai ensuite passé ma première nuit dans un 'hôtel typique': chauves-souris, araignées, scarabées, moustiques m'ont accompagné durant cette courte nuit. Quant aux sanitaires, un filet d'eau froide entre deux cloisons en paille en guise de douche, je suis plongé dans le bain."
"Quelques jours plus tard, nous partions rejoindre les Turkanas dans leurs campements. Plus question de parler d'hôtel ici, nous dormions en tente et ne nous lavions pas du tout si ce n'est qu'éphémèrement dans une bassine avec un peu d'eau trouvée en ville. Lorsqu'après plusieurs jours, je suis revenu au même 'hôtel' qu'au début du voyage, ce petit filet d'eau m'est apparu comme le plus grand des luxes. Je n'ai par ailleurs jamais aussi bien dormi que cette nuit-là."
Le bétail, monnaie d'échange
"Le système économique est proche du nôtre: nous fonctionnons avec de l'argent, ils fonctionnent avec du bétail. Les enfants acquièrent leur statut dans la communauté en fonction des tâches qu'ils ont à accomplir, notamment s'occuper d'un troupeau plus important."
"Cependant, nous avons bien sûr des codes différents. Au sein de ces tribus guerrières, la mort est plus fréquente, et parfois même banalisée. Si un guerrier tue un autre guerrier d'une même tribu, il n'y a pas vendetta comme on pourrait le penser, le tueur rembourse la famille du guerrier tué... en bétail."
Avant son voyage, Ugo Lemaire n'avait pas vraiment réalisé la valeur qu'avait le cheptel pour les nomades. "Etre éleveur, c'est un mode de vie, une identité à part. Le bétail, c'est l'épargne des éleveurs, ils se nourrissent de son lait et à de rares occasions de sa viande. Sans lui, la survie serait presque impossible." Notre slogan 'Quand le troupeau est malade, c'est le village qui meurt' a pris tout son sens pour lui.
Ce voyage au Kenya fut une réelle révélation pour le jeune photographe. Il est par la suite parti en Haïti, accompagner une équipe de journalistes de la RTBF. Nous lui souhaitons une bonne continuation et espérons continuer à voir ses images.