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Année mondiale de la médecine vétérinaire
Le 24 janvier, la communauté internationale ouvrira officiellement l'année mondiale de la médecine vétérinaire. La première formation pour médecins vétérinaires a vu le jour en France, il y 250 ans. Cette profession est garante de la santé animale, mais à de nombreux égards aussi de la santé humaine. En effet, lorsque l’on pense à l’élevage, aujourd'hui encore, on sait que des millions de familles dans le Sud dépendent de leurs troupeaux pour leur survie et que la santé de ceux-ci doit être garantie pour l’équilibre de tous.
En 1761, Claude Bourgelat a fondé la première école vétérinaire à Lyon et c’est ainsi que la profession vétérinaire est née. Cette année, la communauté internationale célèbre le 250e anniversaire de la médecine vétérinaire et son importance dans les domaines de la santé, de l'alimentation et de l'environnement. L'ONG belge Vétérinaires Sans Frontières se joint à cette célébration et met en avant le travail de lutte contre la faim et la pauvreté en Afrique, car c’est en garantissant la sécurité alimentaire et la qualité des produits animaux que la qualité de vie des éleveurs est améliorée.
L'élevage dans la lutte contre la faim
Dans le monde, plus d'un milliard de personnes souffrent de la faim. Et paradoxalement, ce sont principalement les paysans qui produisent la nourriture qui ont faim. La majorité des gens vivant avec moins d'un dollar par jour vivent en milieu rural et sont des éleveurs. L’élevage familial est multifonctionnel, il apporte sa force travail (traction et transport) et fertilise les champs. Il n’est pas seulement considéré comme une activité commerciale ou une source de nourriture, c’est également un mode de vie, une reconnaissance sociale (importance dans les célébrations religieuses par exemple). Pourtant, moins de 1% de l’aide publique au développement est investie dans l’élevage.
Transmission des maladies animales à l’homme
Les maladies animales risquent non seulement d’amener l'insécurité alimentaire des éleveurs africains, mais celles-ci peuvent également se transmettre à l'homme. 60 % des maladies infectieuses humaines ont comme origine des animaux. Grippe aviaire, porcine, vache folle, ces zoonoses ont marqué la mémoire collective.
Le monde, indemne de peste bovine
Dans le courant de l’année 2011, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) et l'OIE (Organisation mondiale de la santé animale) vont officiellement déclarer la peste bovine rayée de la surface de la terre. Après l'éradication de la variole il y a 30 ans, c'est donc le second virus que l’homme a réussi à faire disparaitre. Les éleveurs africains n’ont donc plus à craindre cette maladie aujourd’hui. Jusqu'à la fin du siècle passé, cette maladie a décimé en un temps record des troupeaux entiers. 80 à 100% des animaux infectés décédaient en moins de 10 jours. En Afrique de l'Est, alors que 80% de la population est constituée d’éleveurs, cette maladie a eu des conséquences désastreuses, provoquant des famines mortelles.
Vétérinaires Sans Frontières s’est entièrement investi dans la lutte contre cette maladie, en éradiquant les derniers foyers de peste bovine au Sud Soudan. Le Soudan a été parmi les derniers pays où le virus circulait encore en 2001. C’est dans un Soudan déchiré par la guerre civile que Vétérinaires Sans Frontières a réussi à atteindre des communautés d’éleveurs dites inaccessibles et à éliminer ce virus mortel, par la vaccination de masse des troupeaux, les campagnes de sensibilisation et la formation d’auxiliaires vétérinaires. Après de nombreuses années de contrôle, aucun nouveau cas de peste bovine n’a été recensé et c’est ainsi qu’en 2005, l'OIE (Organisation mondiale de la santé animale) a déclaré le Soudan indemne de peste bovine.