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Jan 27

Développement d’un service vétérinaire privé de proximité au Rwanda

Jeudi 27 Janvier 2011 05:01

La première phase du Proxivet, d’une durée de trois ans, est terminée. La deuxième phase, débutée en janvier 2011, s’étendra a également une durée de sur trois années. Sarah Van Steenwinkel, assistante junior pour Vétérinaires Sans Frontières, est basée à Butare depuis septembre 2010. Elle décrit ce projet qui rapproche les vétérinaires des éleveurs.

Proxivet-2En 2008, le projet de Promotion d’un Service Vétérinaire Privé de Proximité dans la Province Sud du Rwanda (Proxivet) a vu le jour. La première phase s’est déroulée de 2008 à 2010 et fut mise en œuvre par les organisations partenaires locales Imbaraga en SDA-IRIBA. Vétérinaires Sans Frontières a déjà de nombreuses années d’expérience de ce type de projet dans d’autres pays africains, mais dans le contexte rwandais, c’est une première.

L'objectif principal du Proxivet est d'améliorer la santé du bétail par la mise en réseau des petits agro-éleveurs et des techniciens vétérinaires. La principale difficulté des petits agro-éleveurs étant l’accès à un service vétérinaire régulier abordable et de qualité, alors que les techniciens vétérinaires ont des difficultés à s’installer en tant qu’indépendants.

Les services vétérinaires, loin des éleveurs
Le Rwanda compte peu de vétérinaires universitaires et la plupart d’entre eux se destinent à la fonction publique ou ouvrent un cabinet près des grandes villes. De nombreux techniciens vétérinaires quant à eux, sont formés aux bases de la médecine vétérinaire au cours d’un cycle secondaire spécialisé. Ils se destinent également aux services publiques, mais les places disponibles sont insuffisantes. Se mettre à son compte est loin d’être évident, ces techniciens n’ont pas de formation en gestion, ils ont peu de moyens financiers et sont peu soutenus par les autorités. Le projet a donc démarré au cours d’une période ou le nombre de postes publics pour les vétérinaires et les techniciens subissait une réduction drastique, avec comme conséquence directe pour les petits éleveurs un faible accès aux soins animaliers.

Vetoprox: service vétérinaire privé de proximité
Avec la mise en place d'un service vétérinaire privé local, Proxivet vise à combler cette lacune. Un cabinet vétérinaire privé - appelé Vetoprox – a été établi pour l'ensemble du district de Huye. Ce cabinet est dirigé par un vétérinaire qui coordonne 14 techniciens vétérinaires (un par zone). Le coordinateur fournit l'équipement et les médicaments nécessaires, les techniciens les utilisent dans leur travail sur le terrain ou les mettent en vente dans leurs officines. Chaque éleveur rétribue les services rendus. Les techniciens obtiennent les médicaments à crédit, le remboursement se fait sur base de leur revenu, tout en veillant à conserver un pourcentage des gains en guise de salaire. Le projet joue donc ici un rôle de soutien organisationnel et financier, de formations et de suivi.

Proxivet-1Au cours de l’avancement du projet, le ministère rwandais de l'Agriculture a changé de mesure et dans le cadre du projet du gouvernement “One Cow for one poor family”, plus de techniciens vétérinaires ont été recrutés/ engagés dans le secteur public. Vetoprox a témoigné d’une grande flexibilité et a apporté différents changements à son approche et à sa propre structure. Au cours des trois dernières années, différentes formules ont été  tentées. Un Vetoprox composé de:

1) un coordinateur au niveau du district et de techniciens avec un statut public-privé au niveau du secteur (2008);
2) un directeur et deux assistants au niveau du district, des techniciens avec un statut privé au niveau du secteur et des ‘agro-éleveurs relais’ (AER) au niveau du village (2009-2010);
3) un directeur au niveau du district, un ‘chef de zone’ dans chacune des deux zones du district, des techniciens franchisés par secteur en tant que franchisés et des AER au niveau du village (depuis fin 2010).

Mieux vaut prévenir que guérir
Les activités du vétérinaire et de son réseau de techniciens vétérinaires ont permis d’informer et de transmettre aux éleveurs différentes techniques et traitements préventifs. A la suite de ces échanges, une réelle prise de conscience quant à la prévention des maladies a été constatée. Grâce à Vetoprox, un réseau s’est créé afin d’avoir un meilleur accès aux traitements préventifs et curatifs nécessaires.

Vétérinaire, profession non reconnue dans le privé
A l’heure actuelle, Vetoprox n’est pas encore en mesure de voler de ses propres ailes, le contexte même du Rwanda n’étant pas évident. Tout d’abord, la région est caractérisée par un relief accidenté et des exploitations agricoles dispersées. Ensuite, chaque agro-éleveur ne possède qu’un petit nombre d'animaux, de deux à cinq maximum. Ce qui limite le nombre d’interventions possibles par jour et engendre de nombreux déplacements onéreux. Le Rwanda n’a à ce jour toujours pas de loi réglementant la pratique de la médecine vétérinaire en tant que profession privée. Les autorités publiques sont réticentes à cette profession et les différents rôles qu’un vétérinaire public ou privé peut tenir ne sont pas encore clairement définis. Ces différents facteurs expliquent en partie le manque de dynamisme, de motivation et le turn-over important au niveau du personnel auxquels le cabinet de Huye a du faire face.

Proxivet-3Deuxième phase, aussi à Nyanza
Malgré de nombreux efforts, le manque de services vétérinaires pour le petit éleveur est toujours d'actualité. Au cours de sa deuxième phase, Proxivet poursuivra donc ses efforts pour le développement d'un réseau et d’un centre vétérinaires de proximité destinés aux petits éleveurs. Le projet étendra également ses activités au district de Nyanza. Cette approche s’est mise en place de façon pertinente sur base de l’expérience de Huye. Un service vétérinaire basé sur une structure hiérarchique importante n’y est pas d’actualité. Au lieu de cela, les techniciens et les vétérinaires qui opèrent déjà sur une base privée dans la zone d'intervention du projet, peuvent obtenir un soutien individuel sur base de l’introction de leur businessplan. A Nyanza, Proxivet promotionnera par  le biais de réunions et de formations les contacts entre les vétérinaires et les techniciens publics et précisera de manière plus précise les différentes fonctions de chacun.

Dans le district de Huye, Vetoprox a maintenant obtenu l’accord de redéfinir ses zones d'intervention et de réadapter sa structure. Le cabinet continuera à bénéficier du soutien de Vétérinaires Sans Frontières par le biais de formations et de sensibilisation, mais seulement suite à une demande explicite de Vetoprox. C’est au temps de nous dire si Vetoprox trouvera sa place sur le marché.

Plus d'info sur le Programme Junior de la Coopération belge au développement, mis en oeuvre par l'agence belge de développement CTB: blogcooperation.be

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