Sud-Soudan: Chauffeur pour VSF, un boulot très Indiana Jones
Joseph Eruth est chauffeur - mécanicien pour les projets VSF au Soudan. Il accompagne les vétérinaires sur le terrain. Bien souvent, cela signifie faire attention aux mines et patauger dans la boue.
En panne au beau milieu de nulle part…quelle tuile !
Joseph : « J’accompagne les vétérinaires jusqu’aux enclos à bétail. Quand nous avons de la chance, nous roulons sur une “piste” mais bien souvent il n’y a tout simplement pas de route. Nous devons alors nous frayer un chemin dans la brousse : abattre des arbres, déblayer la route… En cas de panne, il faut savoir se débrouiller tout seul parce qu’on n’a pas de pièces de rechange sous la main.Arrivé à destination, je dois choisir un emplacement pour dresser la tente, creuser les latrines parfait et préparer le repas. Je suis également responsable des communications radio. A la saison des pluies, il est souvent impossible de rejoindre les éleveurs en voiture. En général, nous prenons un vol direction Upper Nile et de là, on continue à pied, ce qui signifie patauger dans la boue 4 à 5 heures par jour jusqu’à ce qu’on atteigne le troupeau. »
Etre sans cesse sur ses gardes
Joseph : « C’est très pénible de ne jamais pouvoir relâcher son attention. Les régions dans lesquelles nous nous rendons ne sont pas sûres. Nous devons donc constamment faire preuve de vigilance. Quand on conduit, il faut en permanence faire attention aux mines et aux obstacles. La nuit, je ne dors pas tranquille parce que nous risquons d’être attaqués à tout moment. Il est donc important que j’aie une bonne relation avec le vétérinaire qui m’accompagne. C’est plus facile pour moi quand il y a des vrais échanges et quand il m’aide à cuisiner ou à déblayer la route. Nous décidons ensemble du menu, du moins quand nous avons des vivres. Je me souviens qu’un jour, nous avons attendu un avion qui n’est pas venu. Nous avons du patienter deux jours avant de pouvoir repartir. Ce jour là, j’ai appris qu’il faut prévoir ce genre d’incident et toujours emporter plus de provisions que nécessaire, juste au cas où. »